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Maï Lucas, la « Fly Girl » qui a photographié les débuts du hip-hop parisien

Son livre « Hip Hop Diary of a Fly Girl », dix ans de photos de la scène parisienne entre 1986 et 1996, est de nouveau disponible. Une archive rare, vue de l'intérieur.

Illustration d'un appareil photo argentique et d'une pellicule
Illustration : BITUME

Avant d’être une industrie, le hip-hop français a été une bande de passionnés, des terrains vagues et des nuits blanches. Maï Lucas était au milieu de tout ça, un appareil photo à la main. Son livre « Hip Hop Diary of a Fly Girl 1986-1996 Paris » est de nouveau disponible, à commander directement sur son site, mailucas.com.

Photographier de l’intérieur

Ce qui rend ces images uniques, c’est le point de vue. Maï Lucas ne débarquait pas de l’extérieur pour faire un reportage : elle faisait partie de la scène hip-hop et graffiti parisienne depuis le début des années 80. Elle a donc pu capter des moments que personne d’autre n’aurait pu saisir, entre amis, dans les coulisses, sur les murs ou sur les pistes de danse.

Sur la double page qu’elle partage sur Instagram, on la voit d’ailleurs en autoportrait, l’œil collé à son appareil, à côté d’une vieille carte de membre « Body & Soul » datée de 88. Ses photos ont été prises à l’argentique, avec un Nikon FM2 et des pellicules Kodak.

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Post : @mailucas_photo / Instagram

Dix ans qui ont tout changé

Le livre couvre la décennie 1986-1996, celle où le hip-hop français sort de l’ombre. On y voit les terrains vagues de La Chapelle, les soirées au Globo, chez Nova et les rues du nord-est de Paris. Les concerts, les battles et les graffs d’une scène encore totalement underground.

Côté visages, le casting donne le vertige : MC Solaar, JoeyStarr et Suprême NTM, Assassin, Oxmo Puccino, Doc Gynéco, Kery James, le DJ Dee Nasty, les graffeurs Bando, Mode 2 ou JonOne.

Les femmes du mouvement à l’honneur

Le livre rend aussi hommage aux femmes de cette époque, trop souvent oubliées dans l’histoire officielle du hip-hop. Parmi elles, B. Love, K-Reen, les Ladies Night ou la chorégraphe Max-Laure. Le titre lui-même, « Fly Girl », sonne comme une revendication.

L’ouvrage contient aussi un texte de Sylvia Jorif et un entretien entre Maï Lucas et Mathieu Kassovitz, le réalisateur de « La Haine ». Publié une première fois en 2021, il a depuis connu plusieurs éditions, dont une nouvelle impression financée par une campagne de financement participatif.

À l’heure où le rap est devenu la musique la plus écoutée en France, ces images rappellent d’où tout est parti. Un document précieux, pour les anciens comme pour la nouvelle génération.

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Reel : @mailucas_photo / Instagram

Ce qu’il faut retenir

  • Le livre : « Hip Hop Diary of a Fly Girl 1986-1996 Paris », de Maï Lucas.
  • Le contenu : dix ans de photos de la scène hip-hop et graffiti parisienne, en noir et blanc et en couleur.
  • Les bonus : un texte de Sylvia Jorif et un entretien avec Mathieu Kassovitz.
  • Où l’acheter : sur mailucas.com.

Par Writer Médias

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