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samedi 24 octobre 2026
Photographie

« La Vie des blocs » : 13 ans d'objectif au cœur des quartiers populaires

Depuis treize ans, le photographe Jean-Michel Landon raconte en noir et blanc la vie des cités d'Île-de-France. Un travail au long cours né à Créteil, où il a vécu sept ans au milieu des habitants.

Illustration de tours de cité aux fenêtres éclairées
Illustration : BITUME

Des gamins en capuche penchés sur une vitre de voiture, des tours, des cages d’escalier, des sourires et des regards durs. Depuis treize ans, Jean-Michel Landon photographie le quotidien des quartiers populaires d’Île-de-France. Son projet s’appelle « La Vie des blocs », et il vient d’en partager de nouvelles images, prises à Créteil.

Sept ans aux Sablières

Tout commence dans la cité des Sablières, à Créteil, dans le Val-de-Marne. Le photographe, qui signe aussi sous le nom de Linstable Photographie, ne s’est pas contenté d’y passer. Il y a vécu et travaillé pendant sept ans, au plus près des habitants.

De cette immersion sont nées trois séries photo, présentées sous leurs titres anglais : « Down Below the Blocks », « A Summer in the Estate » et « In the Shadow of the Towers ». Ses dernières images publiées viennent des Sablières et du quartier de l’Échat, toujours à Créteil.

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Post : @jm__landon / Instagram

Ni misère, ni carte postale

Ce qui frappe dans son travail, c’est l’équilibre. Landon ne détourne pas les yeux des difficultés : ségrégation sociale et ethnique, logements dégradés. Mais il montre aussi la joie, l’entraide et la solidarité qui tiennent ces quartiers debout. Sur une même image, on peut passer d’un éclat de rire à une vraie dureté.

Son approche est intime, mais toujours respectueuse. Il se voit à la fois comme témoin et comme conteur. Les enfants et les jeunes adultes occupent une place centrale dans ses images : une génération qu’on regarde trop peu, ou mal.

Le noir et blanc renforce cette impression d’intemporalité. Ses photos pourraient dater d’hier comme d’il y a vingt ans, et c’est justement ce qui leur donne de la force.

Une mémoire avant la transformation

Le projet a aussi une dimension d’archive. Avec l’arrivée du Grand Paris Express, les banlieues changent vite : nouvelles gares, nouveaux immeubles, nouveaux enjeux économiques. Landon veut que les habitants de ces quartiers restent dans les mémoires, plutôt que d’être effacés par la transformation de leur territoire.

Une partie de ce travail est réunie dans un livre, « La Vie des blocs », publié en 2025 en auto-édition. C’est son troisième ouvrage : 164 pages, 123 photographies en noir et blanc, accompagnées de témoignages d’habitants de plusieurs quartiers. On le trouve notamment à la librairie parisienne Le Grand Jeu, où il avait été présenté lors d’une séance de dédicace.

Pour un média comme BITUME, ce travail est essentiel. La culture urbaine ne se résume pas au rap, aux sneakers ou au street art : elle naît d’abord dans ces halls, ces cours et ces terrains vagues que Jean-Michel Landon photographie depuis plus d’une décennie.

Ce qu’il faut retenir

  • Qui : Jean-Michel Landon (Linstable Photographie), photographe documentaire.
  • Quoi : « La Vie des blocs », 13 ans de photos dans les quartiers populaires d’Île-de-France.
  • Où : né à la cité des Sablières, à Créteil, où il a vécu sept ans.
  • Le livre : auto-édité en 2025, 164 pages, 123 photos noir et blanc et des témoignages d’habitants.

Par Writer Tonio

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Sources