Villeglé, pionnier des affiches arrachées, s'expose à Carnavalet
Pour le centenaire de sa naissance, le musée Carnavalet raconte Paris à travers les affiches lacérées de Jacques Villeglé. À voir jusqu'au 14 février 2027.

Bien avant les graffeurs, il y avait les murs couverts d’affiches. Et un homme qui les arrachait pour en faire de l’art. Le musée Carnavalet – Histoire de Paris consacre jusqu’au dimanche 14 février 2027 une grande exposition à Jacques Villeglé : « Paris à l’arraché. Jacques Villeglé et l’art urbain ». Elle a ouvert le mercredi 14 octobre, pour le centenaire de la naissance de l’artiste, né en 1926 et mort en 2022.
Le mur comme atelier
Le geste de Villeglé est simple. Dans la rue, il repère des affiches déchirées par le temps, la pluie ou les passants. Il les décolle, les emporte, puis les maroufle sur toile. Ce qui était un mur de pub abîmé devient un tableau, avec ses couches de couleurs, ses lettres coupées et ses slogans à moitié effacés.
Il commence en 1949 à Montparnasse, avec son ami Raymond Hains, rencontré aux Beaux-Arts de Rennes, rappelle Paris Zigzag. En 1960, il fait partie des fondateurs du Nouveau Réalisme, avec Yves Klein et Jean Tinguely. Pendant près de soixante-dix ans, Paris reste son terrain de chasse. Lui-même se présentait comme un « historien releveur », selon le musée.
Quatre quartiers, une ville qui parle
Le parcours suit l’artiste depuis son installation à Paris, en 1950. Le cœur de l’exposition s’arrête sur quatre quartiers où il a beaucoup prélevé : la Porte Maillot, Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse et le Marais. Chaque affiche garde la trace d’un endroit et d’une époque de la ville.
Les œuvres sont présentées à côté de photographies, d’archives sonores, d’extraits de films, d’interviews et de documents souvent inédits, détaille la fiche de l’exposition sur le site de la Ville de Paris. Des clichés des photographes Harry Shunk et János Kender, ainsi que de Janine Niepce, montrent l’artiste au travail.
Le lien avec le street art d’aujourd’hui
C’est la partie qui nous intéresse le plus chez BITUME. La dernière partie relie Villeglé à l’art urbain contemporain. Plusieurs projets d’artistes urbains y sont montrés à côté de ses œuvres. Le communiqué du musée cite notamment le duo Lek & Sowat.
Le choix du comité scientifique va dans le même sens : on y trouve Nicolas Gzeley, spécialiste de l’histoire du graffiti, aux côtés d’historiens, de conservateurs et de Valérie Villeglé, la fille de l’artiste. Un catalogue sort aux Éditions Paris Musées.
L’idée de fond : la rue est un support d’expression depuis bien plus longtemps qu’on ne le pense. Arracher une affiche ou poser un tag, c’est toujours écrire sur la ville.
Infos pratiques
- Dates : du mercredi 14 octobre 2026 au dimanche 14 février 2027.
- Lieu : musée Carnavalet – Histoire de Paris, 23 rue Madame de Sévigné, Paris 3e.
- Horaires : du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h.
- Tarifs : 15 € plein tarif, 13 € tarif réduit, selon la Ville de Paris.
- Réservation : obligatoire. Fiche aussi dans l’agenda BITUME.
À lire aussi : L’Empreinte #2 : à Cayenne, un quartier entier devient un atelier de street art · Une basketteuse de 12 mètres de haut sur un mur du 18e
Ce qu’il faut retenir
- Quoi : « Paris à l’arraché », exposition consacrée aux affiches lacérées de Jacques Villeglé.
- Où et quand : au musée Carnavalet, à Paris, jusqu’au 14 février 2027.
- Pourquoi y aller : voir Paris raconté par ses murs, sur soixante-dix ans.
- Le lien avec la rue : une partie dédiée à l’art urbain d’aujourd’hui, avec notamment Lek & Sowat.
Sources
- Paris à l'arraché. Jacques Villeglé et l'art urbain — communiqué de presse — Musée Carnavalet – Histoire de Paris
- Exposition « Paris à l'arraché. Jacques Villeglé et l'art urbain » au musée Carnavalet — Ville de Paris
- Jacques Villeglé, pionnier de l'art urbain, est décédé à 96 ans — Paris Zigzag



